Deux places

Elodie Pasquier - clarinettes, compositions

Gilles Coronado - guitare, compositions

Deux musiciens, traversant une musique de chambre un peu débraillée.

Ramasseurs d’images aux goûts généreux, jouant avec le simple sans être simpliste.
Une musique bicéphale, multi-usages.

Two folks, going through a slightly dishevelled chamber music.
Image collectors with generous tastes, playing with the simple without being simplistic.
A two-headed, multi-purpose music.

14/12/19 - Le Triton, Les Lilas
30/10/19 - Jazz Connective, Helsinki (Finlande)
12/10/19 - Médiathèque Nelson Mandela, Gardanne
21/09/19 - Jazz a trois palis

Notes disjointes, résonances courtes, phrasé zigzagant, la musique très écrite commence un peu comme un exercice à trous qui achoppe sur un accord tenu, point d‘inflexion où tout se recolle et recompose. Entre l‘univers des deux musiciens comme entre leurs instruments respectifs la distance est grande, et c‘est son creusement qui capte et captive. Une pièce, par exemple, évoquant un village du Morvan, Dennecy voit son introduction à la guitare seule creusée à la pédale de volume, cloutée d'accords étouffés, percée de saillies soudaines, distendue de répétitions obsessive, avant qu'un son boisé, en total contraste, ne sʼélève, en faisant émerger le lyrisme continu appartenant en propre à la clarinettiste. Contraste mais pas tension : le jeu de l‘une se love parfaitement dans les cavités par l'autre laissées béantes. La conclusion d'une pièce commencée sur un accord démesurément répété, que l'évolution discrète des voix intérieures ne déstabilise pas jusqu'à basculer, prendra la forme d'une joute rythmique très éloignée de son point de départ. Lorsqu‘un solo de clarinette ouvre sur une futaie de syncopes, il parait qu‘une mouche s'est prise dans les pages d'un journal, rissole et grésille furieusement, mais c‘est un essaim de watts qu'une pédale comprime. Le set s'achève sur un diptyque Rapide et fort suivi de Lent et doux où se résume de façon explicite l'étonnante complémentarité sur laquelle repose le duo. Séduits par cette prise à revers, questionnante autant que prometteuse, il semblait avoir été mis devant la solution d'une énigme avant même d‘en avoir pressenti l'existence. (Philippe Alen)

Disjointed notes, short resonances, zigzagging phrasing, the highly written music begins a little like a filling exercise that stumbles on a held chord, a point of inflection where everything is glued back together and recomposed. Between the worlds of the two musicians and their respective instruments, the distance is great, and it is its digging that captures and captivates. A piece, for example, evoking a village in Morvan, sees its introduction to the guitar alone dug with the volume pedal, studded with muffled chords, pierced with sudden protrusions, distended from obsessive repetitions, before a woody sound, in total contrast, emerges sʼélève, bringing out the clarinettist's own continuous lyricism. Contrast but no tension: the play of one nestles perfectly in the cavities by the other left gaping. The conclusion of a piece started on an excessively repeated chord, which the discreet evolution of the inner voices does not destabilize to the point of tipping over, will take the form of a rhythmic joust far from its starting point. When a clarinet solo opens onto a forest of syncopations, it seems that a fly has caught itself in the pages of a newspaper, laughing and sizzling furiously, but it is a swarm of watts that a pedal compresses. The set ends with a quick and strong diptych followed by Slow and Soft where the astonishing complementarity on which the duo is based can be summed up in an explicit way. Seduced by this reversed grip, questioning as much as promising, he seemed to have been confronted with the solution of an enigma before even having sensed its existence. (Philippe Alen)

 

Citizen Jazz en parle ici pour leur concert au Jazz Connective d'Helsinki!

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